Le député UMP des Hauts-de-Seine, présenté comme un proche de Nicolas Sarkozy, et qui était poursuivi dans une affaire de favoritisme, a également écopé de 4 ans d’inéligibilité et de 20.000 euros d’amende.

Manuel Aeschlimann (Sipa)
Le député UMP des Hauts-de-Seine et ancien maire d’Asnières-sur-Seine Manuel Aeschlimann a été condamné vendredi 13 mars par le tribunal de Nanterre à 18 mois de prison avec sursis, 4 ans d’inéligibilité et 20.000 euros d’amende pour favoritisme dans l’attribution d’un marché public en 1998.
La 15e chambre correctionnelle est allée plus loin que les réquisitions du parquet, qui avait demandé un an de prison avec sursis, 20.000 euros d’amende et l’inéligibilité pour l’ancien maire (1999-2008), âgé de 44 ans.
Aeschlimann fera appel
Manuel Aeschlimann, absent à la lecture du jugement, tout comme ses trois coprévenus, a annoncé qu’il ferait appel de sa condamnation, qu’il trouve "extrêmement injuste".
Le tribunal a également condamné à 15 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende le chef d’entreprise Dominique Carbonnier pour recel de favoritisme.
Le prédécesseur de Manuel Aeschlimann à la mairie d’Asnières, Frantz Taittinger, écope de 8 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende pour favoritisme, tandis que l’ex-directrice de la communication de la Ville, Fabienne Van Aal, est condamnée à 3 mois de prison avec sursis pour complicité.
Adjoint de Taittinger
Manuel Aeschlimann, premier adjoint au maire RPR Frantz Taittinger à l’époque des faits, était accusé d’avoir imposé le choix de la société CDA Production, gérée par Dominique Carbonnier, pour organiser un festival du folklore sans passer par une mise en concurrence.
La trésorerie municipale d’Asnières, qui s’en était inquiétée, avait refusé de payer la facture, et le contrat d’environ 200.000 euros avait été rejeté par la préfecture des Hauts-de-Seine pour non-conformité au code des marchés publics.
Mais la mairie RPR avait persisté à confier le marché à CDA Production, en passant par une association paramunicipale (Asnières Communication), dirigée par Fabienne Van Aal.
Asnières Communication avait finalement reçu une "subvention exceptionnelle" de 200.000 euros pour régler la facture. L’année suivante, en 1999, Manuel Aeschlimann était devenu maire d’Asnières.
Asnières : vidéos surprenantes d’une démocratie locale en faillite
Le système Aeschlimann est épinglé depuis plusieurs années par les médias. L’Express notamment parle de : "guérilla judiciaire", "esprit de famille", "occupation du terrain sans relâche" (par une communication outrancière), "discrédit des adversaires", communautarisme, mises en examen, condamnations pour diffamation, affaires de favoritisme…
A Asnières, la corruption de la démocratie locale atteint aussi le fonctionnement du conseil municipal. Voici le dernier conseil de la mandature de Manuel Aeschlimann, député-maire UMP : des images qui peuvent choquer (notamment les dernières vidéos). C’est pourtant à cela que ressemblent tous les conseils municipaux à Asnières depuis quelques années. Commençons justement avec la dernière vidéo dans laquelle deux élus de l’opposition s’emparent d’un mégaphone pour se faire entendre suite aux nombreuses coupures du micro du maire et tournent en dérision le fonctionnement de la majorité de Manuel Aeschlimann (il s’agit de Bruno Casari, ex-UDF et de Jean-Jacques Semoun (ancien membre de la majorité municipale) :