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Samedi 10 mai 2008 à 10:00
Barjouville.info

Face à Sarkozy, les syndicats de presse défendent l’indépendance

Les syndicats de journalistes s’alarment des attaques de Nicolas Sarkozy contre des médias qu’il a accusés d’être partisans et trop cléments avec son ancienne rivale socialiste à l’élection présidentielle.

Selon plusieurs députés, le chef de l’Etat a critiqué mercredi plusieurs publications ainsi que l’Agence France Presse qui n’auraient pas, selon lui, suffisamment relayé la récente condamnation de Ségolène Royal dans une affaire de salaires impayés.

Le Parti socialiste et l’UMP se sont en parallèle livrés à des échanges de communiqués sur cette situation, qui a culminé avec l’annonce par l’avocat de Ségolène Royal qu’elle allait porter plainte contre l’ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin qui a parlé à son propos de "délinquance sociale".

"Les syndicats de journalistes expriment leur inquiétude, ayant appris que le président de la République a invité les députés UMP à s’en prendre à une liste de médias, qu’il soupçonne de lui être défavorable", écrivent vendredi les syndicats CFDT et CFTC des journalistes dans un communiqué.

"Les syndicats de journalistes appellent les Français de toutes les sensibilités, y compris les concitoyens élus, militants ou sympathisants de l’UMP, à renforcer les garanties législatives assurant l’indépendance des rédactions, et à condamner les dénonciations infondées contre les médias", poursuivent-ils.

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) avait jugé jeudi "consternant" que Nicolas Sarkozy s’en prenne à la presse.

BOUCS EMISSAIRES

"Il est singulièrement ‘abracadabrantesque’ de constater que Nicolas Sarkozy attaque ainsi les journalistes en privé, alors que le bilan tiré par le SNJ de sa première année de présidence est particulièrement accablant pour la liberté de la presse", écrit-il dans un communiqué.

"Au lieu de continuer à vouloir faire des journalistes les boucs émissaires de ses déboires dans les sondages, le président de la République serait mieux inspiré d’écouter les inquiétudes grandissantes d’une profession en crise", poursuit le SNJ.

Le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, qui avait déjà critiqué l’AFP dans cette affaire, est revenu à la charge vendredi.

"En annonçant qu’elle se pourvoit en cassation, Ségolène Royal répond à la question que l’UMP lui pose depuis le 1er mai, mais que l’AFP jugeait comme une question qui ne se pose pas", déclare-t-il dans un communiqué.

"Il est regrettable que Mme Royal considère que le débat politique, au lieu de se nourrir d’arguments et d’idées, se limite à des procédures judiciaires", ajoute-t-il, jugeant "normal" que Jean-Pierre Raffarin ait demandé la démission de la présidente de la Région Poitou-Charentes.

Selon la député socialiste des Deux-Sèvres, Delphine Batho, "alors que la droite est en grande difficulté, le porte-parole de l’UMP tente une fois de plus de faire diversion".

"Mais plutôt que de s’en prendre à Ségolène Royal deux fois par jour et à l’AFP deux fois par semaine, on attend toujours les commentaires de M. Lefebvre sur le récent dérapage du chef de l’Etat concernant les médias ou encore ses explications sur la décision de financer le RSA par la suppression de la prime pour l’emploi", ajoute-t-elle.

Reuters


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Lundi 5 mai 2008 à 18:00
Barjouville.info

Besancenot espionné !

Pendant plusieurs mois, d’octobre 2007 à janvier 2008 au moins, la vie d’ Olivier Besancenot a été épiée, disséquée, mise en fiches par une officine de renseignement privée. L’Express s’est procuré l’édifiant rapport de surveillance qu’elle a rédigé: il met en lumière des pratiques barbouzardes, aux confins des mondes politique, économique et policier.

En octobre 2007 se met discrètement en place une surveillance physique au pied de l’immeuble du XVIIIe arrondissement parisien où vivent le chef de file de la Ligue communiste révolutionnaire ( LCR ) - qui a annoncé qu’elle allait porter plainte pour atteinte à la vie privée - sa compagne et leur jeune fils. Un matin, la conjointe d’Olivier Besancenot est photographiée sortant du porche, à "8 h 23", "en compagnie du petit garçon aperçu les jours précédents avec monsieur Olivier Besancenot". Il s’agit, lit-on, "d’une femme typée européenne, âgée d’une quarantaine d’années (…), les cheveux longs de couleur blonde".

Le 5 octobre, la surveillance se resserre et, cette fois, les "espions" entament une vraie filature. Le rapport mentionne même l’adresse de la maternelle où l’enfant est scolarisé. Y sont indiqués son prénom, son âge et ses habitudes. La compagne d’Olivier Besancenot, baptisée "l’objectif", sera suivie jusqu’à la station de métro du Quartier latin où elle descend pour se rendre à son travail.

Une note confidentielle de 3 pages, datée du 25 octobre 2007, résume les premières investigations sur le couple, jusqu’à l’emplacement exact de son appartement, dont la fiche cadastrale est annexée. "Nous n’avons pu obtenir les codes d’accès" de l’immeuble, regrettent les détectives. Ils pousseront leurs investigations jusqu’au fisc pour tenter, sans succès, de se procurer la fiche d’imposition du facteur.

Ils vont cependant dénicher des éléments encore plus précis: un document, daté du 14 janvier 2008, recense les numéros des comptes de Besancenot et de sa compagne, établis au Crédit lyonnais (LCL) et à la Banque postale. Toutes les références bancaires y figurent: les soldes sont détaillés, au centime près. Autant d’informations provenant, au moins en partie, du Ficoba, un fichier sensible recensant plus de 80 millions de titulaires de comptes en France.

De façon plus anecdotique, l’officine décrit la Peugeot 106 "avec une galerie sur le toit" de Besancenot, ainsi que son lieu habituel de stationnement. Quant à l’historique du véhicule, il a, sans doute, été obtenu grâce au fichier administratif des cartes grises. Bizarrement, les "privés" sont mis sur la piste d’une Porsche Cayenne. Après vérification, ils démentent cette rumeur.

Edifiantes, ces informations n’ont pu être collectées sans la complicité de fonctionnaires ou d’employés de banque disposant d’un accès informatique à plusieurs fichiers gérés par le ministère de l’Intérieur, par la Direction des impôts ou par des établissements bancaires.

Il reste à connaître les raisons de cet espionnage. Selon les informations de L’Express, l’affaire trouverait son origine dans le contentieux opposant Olivier Besancenot à la société SMP Technologies, distributeur exclusif en France du pistolet à impulsion électrique Taser auprès de la police et de la gendarmerie.

Lors de la campagne pour la présidentielle de 2007, le porte-parole de la LCR, craignant une utilisation massive et dangereuse, avait estimé que cette arme était responsable de "150" décès aux Etats-Unis. Les dirigeants de Taser assurent, eux, qu’elle se révèle inoffensive pour la vie humaine. Ils ont donc intenté une procédure en diffamation contre Besancenot. L’audience doit se tenir en juin.

Source : L’Express.fr


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